Acupuncture et science

Publié le par aurélie

Recherches modernes sur le contrôle de la douleur par l'acupuncture

 

Depuis 30 ans, les patients comme les professionnels se posent des questions sur la façon dont peut bien fonctionner l'acupuncture d'un point de vue moderne et scientifique. Quels en sont les mécanismes ? Existe- t-il des preuves scientifiques de l'efficacité de l'acupuncture ?


    Pour répondre à ces questions, des scientifiques et praticiens ont mené depuis les années 70, en Chine comme en d'autres pays, un certain nombre d'études et d'essais cliniques décrits ci-après. Ces recherches tendent à justifier les anciennes théories de la Médecine Traditionnelle Chinoise. D'autres recherches récentes ont révélé que les êtres humains sont dotés de systèmes bioélectriques complexes (Becker 1985) et fournissent ainsi une base permettant de mieux comprendre les mécanismes de l'acupuncture.
Quelques théories ont été proposées à ce sujet.

Transmission des influx douloureux le long des méridiens d'acupuncture

La première théorie avance que la plupart des influx douloureux chemineraient le long des mêmes trajets que ceux de la circulation traditionnelle du Qi, à savoir les méridiens. C'est un fait objectif que la douleur suit toujours certains trajets. Ces trajets sont étroitement liés à la théorie des méridiens de la MTC.
Il est intéressant d'observer que lorsqu'on utilise des aiguilles d'acupuncture pour traiter la douleur et que la sensation d'aiguille (Deqi) est constatée sur un méridien particulier, la diminution maximale de la douleur se situe sur une ligne située au centre du méridien. Cette réduction de sensibilité décroît progressivement au fur et à mesure qu'on s'écarte du centre du méridien et qu'on se rapproche de son bord externe. Autrement dit, plus l'aiguille est proche de la ligne centrale du méridien, moins le patient ressent la douleur. On a aussi observé que la transmission de la douleur le long du trajet des méridiens est fortement diminuée par l'usage de méthodes favorisant la circulation dans ce méridien. Inversement, la transmission de la douleur le long des méridiens augmente fortement quand on se sert de méthodes pour bloquer la circulation du méridien.



Théorie du portillon

Une autre théorie suggère que les influx douloureux seraient empêchés d'atteindre la moelle épinière ou le cerveau par divers "portillons" situés au sein du système nerveux. Des études ont montrés que les nerfs périphériques aussi bien que les centraux jouent un grand rôle dans le soulagement de la douleur apporté par l'acupuncture.
Au niveau du système nerveux périphérique, l'utilisation de l'acupuncture contre la douleur peut, d'une part bloquer la conduction des fibres sensitives dans les nerfs algiques, d'autre part inhiber la conduction descendante, due à la stimulation nocive, dans les cellules de la corne postérieure de la moelle épinière. Ce sont les nerfs périphériques qui recoivent et conduisent le "message" acupunctural ; il est possible que les fibres II, III et IV participent au processus de soulagement de la douleur.
au niveau du SNC, différents niveaux de structures, dont la ME, le tronc cérébral, le thalamus, le noyau caudé et le cortex participent au processus de soulagement de la douleur par l'acupuncture.


- Moelle épinière :

Des recherches scientifiques ont montré que l'acupuncture peut causer une inhibition postsynaptique dans la corne postérieure de la ME. On a aussi découvert que le "message"acupunctural est conduit depuis le cordon antérieur de la ME jusqu'au bulbe rachidien puis à la partie médiale de la formation réticulée. Il descend ensuite vers le cordon postérieur de la ME où il provoque une inhibition postsynaptique en dépolarisant les fines terminaisons nerveuses afférentes. Ceci a pour effet de bloquer partiellement l'influx  afférent des fibres fines.

- Tronc cérébral et noyau parafasciculaire :

Dans le tronc cérébral, on a constaté que l'électroacupunpuncture contrôlait l'activité des neurones hyperalgiques du système réticulé au niveau du mésencéphal. on a constaté en expérimentation animale que la stimulation par électroacupuncture des noyaux du raphé central pouvait élever le seuil de la douleur chez les animaux et améliorer ainsi leur résistance à la douleur. Une lésion du locus cerulus augmente la capacité au soulagement de la douleur par l'acupuncture alors que l'activation et la stimulation de cette structure ont l'effet contraire. Les recherches ont aussi montré que le traitement acupunctural conduisait à la libération de l'influx nerveux par la matière grise entourant l'aqueduc du mésencéphale, le noyau géant de la région médiale du système réticulé du tronc cérébral et les noyaux du raphé central. A partir de là, des influx ascendants inhibent l'activité électrique des cellules hyperalgiques du noyau parafasciculaire du thalamus, et des influx descendant inhibent l'activité des neurones qui transmettent les influx douloureux au niveau de la corne postérieure de la ME, d'où un soulagement de la douleur. On a découvert que le noyau parafasciculaire était l'une des zones clés de la transmission des influx douloureux.

Noyau Caudé :

les recherches ont établi que lorsqu'on stimule le NC, le seuil de la douleur augmente, d'où une augmentation possible de l'effet antalgique de l'élctroacupuncture, alors que l'inhibition du NC diminue cet effet antalgique.


De façon générale, l'influx douloureux peut suivre tout un circuit vers le cerveau lors de son entrée dans le SNC. La corne postérieure de la ME et le noyau parafasciculaire sont deux emplacements clés pour la réception et la transmission de l'influx douloureux. Le NC, la matière grise entourant l'aqueduc du mésencéphale, le noyau géant du système réticulé médial du tronc cérébral et les noyaux du raphé central sont eux aussi très importants.


Stimulation des endorphines

 

Une troisième théorie suggère que l'acupuncture stimulerait la production par le cerveau de polypeptides diminuant la sensibilité à la douleur. 
Les chercheurs ont découvert que l'un des mécanismes possibles est qu'elle accroît la libération par le cerveau de molécules antalgiques naturelles connues sous le nom d'endorphines, très voisines des opiacés tels que la morphine qui sont de puissants agents analgésiques. La stimulation électrique d'aiguilles d'acupuncture insérées provoquerait la libération dans le SNC de quantités différentes des composants des endorphines. C'est ce mécanisme clé qui est le plus souvent retenu comme explication de l'effet antalgique de l'acupuncture. Il n'explique pas complètement toutefois l'ensemble des effets antalgiques de l'acupuncture car l'acupuncture produit d'autres effets physiologiques que la baiise de la sensibilité à la douleur.

Par exemple, elle accroît également la circulation locale du sang dans les zones de spasmes musculaires et peut diminuer les contractions musculaires qui, souvent, causent ou renforcent les états douloureux. De la sorte, des actions locales comme la réduction des gonflements tissulaires (grâce à une meilleure circulation du sang) et la réduction des spasmes musculaires peuvent par contrecoup soulager la pression exercée sur les nerfs et les organes internes et contribuer au soulagement de la douleur.



Effet sur les neurotransmetteurs


Une autre théorie avance l'existence d'une connexion avec le SNC, qui provoquerait la production ou la sécrétion d'autres composés chimiques tels que les neurotransmetteurs, hormones, lymphokines...
Bien que la plupart de ces composés soient dissipés assez rapidement, l'expérience clinique indique que l'acupuncture a généralement un effet cumulatif. Ainsi, l'acupuncture produirait un effet d'apprentissage dans les mécanismes autonomes du corps qui contrôlent et régulent les réactions physiologiques à la douleur.

On a découvert que l'acupuncture affecte plusieurs neurotransmetteurs et provoque des modifications de leur taux dans le sérum sanguin. Elle pourrait en particulier produire les modifications biochimique suivantes :

-  Modification de la sérotonine (neurotransmetteur qui exerce potentiellement la plus forte influence sur la sensibilité à la douleur) : le niveau de la sérotonine évolue de la même façon que le degré de soulagement à la douleur déclaré pendant un traitement d'acupuncture.

-  Modification de l'acétylcholine (effet antalgique)

-  Modification de la catécholamine.

Bref, l'acupuncture produit des effets par le biais des composés chimiques du corps plutôt qu'en favorisant la synthèse de nouveaux corps, approche qui comporte plusieurs avantages par rapport à la médecine fondée sur les drogues.


Facteurs psychologiques et culturels

Ces facteurs sont également importants en maatière de douleur. On considère qu'une approche psychologique (montrer comment se détendre et penser à autre chose, donner des explications claires...) peut, effectuée avant le traitement acupunctural, améliorer directement la douleur et créer un état d'esprit positif à l'égard du traitement.
Les gens qui ressentent une grande appréhension de l'acupuncture et une grande nervosité au cours du traitement, tendent à présenter beaucoup de tensions musculaires, ce qui peut diminuer directement l'effet de l'acupuncture sur la douleur.

Par contraste, et du fait de différences culturelles, les chinois subissent plus volontiers l'acupuncture pour traiter la douleur que les Occidentaux et ils collaborent également davantage avec l'acupuncteur, d'où une diminution des tensions musculaires, des crampes et de la nervosité. Tout cela compte fortement dans l'obtension du résultat thérapeutique.

On pourrait également envisager qu'une forme de suggestion externe entre en jeu. Il était couramment admis, encore récemment et notamment chez les thérapeutes, que l'effet de l'acupuncture consistait en une forme d'hypnose ou pouvait s'expliquer par un effet placebo ; pourtant, cette croyance ne s'appuie sur aucune preuve. Des études ont montré au contraire une absence de corrélation entre, d'une part la capacité à être hypnotisé ou la croyance dans le traitement, d'autre part, les résultats obtenus.
Les gens traités par acupuncture et qui ne croient pas en son efficacité réagissent au traitement exactement de la même façon que ceux qui ont une entière confiance dans le traitement. Le fait que l'acupuncture soit employée avec fruit pour traiter des maladies animales est l'un des meilleurs arguments que l'effet de l'acupuncture sur la douleur n'est pas une forme d'hypnose.


bibliographie : "La douleur en Médecine Chinoise, diagnostic et traitement" Sun Peilin

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Victor 15/01/2010 16:16


Ca serait pas mal d'avoir les sources si possible merci.


marketing dissertation 15/10/2009 11:00


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